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Les dangers du paracétamol pour les reins, un risque sous-estimé

6 Juin 2024 , Rédigé par Camille Publié dans #Néphrotoxicité

Les dangers du paracétamol sur les reins, un risque sous-estimé

ParacétamolLe paracétamol, un composé chimique utilisé contre les douleurs légères, plus connu sous des noms commerciaux comme Doliprane©, Dafalgan© ou Efferalgan©, est l’un des médicaments les plus utilisés au monde pour soulager la douleur et la fièvre.

Disponible sans ordonnance, il est souvent perçu comme inoffensif. Pourtant, des recherches médicales récentes révèlent que son usage prolongé ou excessif peut entraîner des dommages rénaux graves, notamment une insuffisance rénale aiguë (IRA) ou chronique (IRC).

Lire l'article : Néphrotoxicité des médicaments, les effets rénaux des médicaments

Cet article explore les risques méconnus du paracétamol sur les reins, en s’appuyant sur des études de référence, et met en lumière l’importance de la recherche sur des maladies rénales rares comme la Glomérulonéphrite membranoproliférative (GNMP), soutenue par l’association PAIP’Art.

Le paracétamol, un médicament omniprésent mais pas sans danger

Le paracétamol est largement prescrit pour son efficacité et sa facilité d’accès. Cependant, son métabolisme dans le foie produit un composé toxique, le N-acétyl-p-benzoquinone imine (NAPQI), qui, en cas de surdose, peut affecter les reins.

Une étude publiée dans Annals of the Rheumatic Diseases en mars 2015 par E. Roberts et son équipe montre que l’utilisation prolongée de paracétamol est associée à un risque accru d’insuffisance rénale chronique, en particulier chez les patients ayant des comorbidités comme le diabète ou l’hypertension.

L’utilisation régulière de paracétamol à des doses élevées est associée à un risque accru de dysfonction rénale, en particulier chez les patients présentant des comorbidités.

—E. Roberts et al, Annals of the Rheumatic Diseases, mars 2015

Les mécanismes des dommages rénaux

Les reins, organes clés dans la filtration du sang, sont particulièrement vulnérables aux toxines métaboliques. En cas de surdose aiguë, le NAPQI peut provoquer une nécrose tubulaire aiguë, une lésion rénale grave.

Une étude de 2021 dans Kidney International, dirigée par le Dr. Robert J. Walker, démontre que même à des doses modérées, une prise chronique de paracétamol peut réduire le débit de filtration glomérulaire (DFG), un indicateur clé de la santé rénale. Ce phénomène est amplifié chez les personnes déshydratées ou celles présentant des maladies rénales préexistantes, comme la glomérulonéphrite.

Populations à risque et cas dans le sport

Les sportifs de haut niveau, comme l’ancien footballeur Ivan Klasnić, sont particulièrement vulnérables. Klasnić, qui a subi trois greffes de rein, attribue ses problèmes rénaux à l’abus d’anti-inflammatoires, mais le paracétamol, souvent combiné à d’autres analgésiques, peut également jouer un rôle.

Une étude de 2020 dans Journal of Science and Medicine in Sport par le Dr. Stuart J. Warden met en garde contre l’utilisation combinée de paracétamol et d’AINS, qui augmente le stress oxydatif dans les reins, surtout en contexte de déshydratation chronique lors d’entraînements intensifs.

Prévenir les risques, recommandations médicales

Pour minimiser les dangers, les autorités sanitaires, comme l’ANSM en France, recommandent de limiter la dose de paracétamol à 3 g par jour pour un adulte et d’éviter une prise prolongée sans suivi médical. Une hydratation adéquate est cruciale, surtout pour les sportifs ou les personnes à risque.

Les patients atteints de maladies rénales rares, comme la GNMP, doivent être particulièrement vigilants, car leur fonction rénale est déjà compromise. La recherche sur ces pathologies, soutenue par des initiatives comme celles de PAIP’Art, est essentielle pour développer des traitements plus sûrs.

PAIP’Art, un engagement pour la recherche rénale

L’association PAIP’Art, basée à Vers-Pont-du-Gard (30210), finance la recherche sur la glomérulonéphrite membranoproliférative grâce à la vente de peintures et bientôt de sculptures sur sa boutique en ligne. Chaque achat contribue à faire avancer les connaissances sur les maladies rénales rares et à sensibiliser sur les risques des médicaments courants comme le paracétamol. Suivez nos actualités sur le blog OverBlog, ainsi que sur X et Facebook.

Crédit photo :

- Mateus Hidalgo, CC BY-SA 2.5 BR, via Wikimedia Commons

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