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Déficit en APRT, une maladie rare mais probablement sous-diagnostiquée

13 Février 2026 , Rédigé par Camille Publié dans #Maladies génétiques rares

Déficit en APRT, une maladie rare mais probablement sous-diagnostiquée

Dans le domaine des maladies rénales, certaines pathologies restent largement méconnues, y compris des professionnels de santé. C’est le cas du déficit en adénine phosphoribosyltransférase (APRT), une maladie génétique rare qui peut pourtant avoir des conséquences graves sur les reins. Une étude française majeure, menée sur plus de 30 ans, apporte un éclairage précieux sur cette pathologie encore trop souvent ignorée.

Une maladie génétique silencieuse

Déficit en adénine phosphoribosyltransférase
Déficit en adénine phosphoribosyltransférase

Le déficit en APRT est une maladie héréditaire à transmission autosomique récessive. Cela signifie que pour être atteint, un individu doit recevoir deux copies du gène muté, une de chaque parent. Les porteurs sains ne présentent généralement aucun symptôme.

Sur le plan biologique, l’APRT est une enzyme impliquée dans le recyclage des purines. Lorsque cette enzyme ne fonctionne pas, une substance appelée 2,8-dihydroxyadénine (2,8-DHA) se forme en excès. Cette molécule est extrêmement insoluble dans les urines et précipite sous forme de cristaux, qui peuvent :

  • Former des calculs urinaires
  • S’accumuler dans les reins
  • Provoquer des lésions rénales progressives

Une étude française de référence

Entre 1978 et 2009, une équipe de chercheurs du centre hospitalier Necker à Paris a identifié 53 patients issus de 43 familles atteints de déficit en APRT. Cette cohorte constitue aujourd’hui la plus grande série publiée au monde sur cette maladie.

Un diagnostic souvent trop tardif

L’âge moyen au diagnostic est de 36 ans, avec des cas allant de la petite enfance à plus de 70 ans. Dans de nombreux cas, plusieurs années, voire plusieurs décennies, séparent les premiers symptômes du diagnostic.

Les raisons de ce retard :

  • La maladie est rare et peu connue
  • Les calculs sont souvent considérés comme « banals »
  • Les examens spécifiques ne sont pas systématiquement réalisés

Des conséquences parfois dramatiques

Au moment du diagnostic :

  • 35 % des patients présentent déjà une insuffisance rénale
  • 15 % ont atteint le stade d’insuffisance rénale terminale

Dans certains cas, le diagnostic est posé après une greffe de rein, lorsque la maladie récidive sur le greffon.

Une maladie plus fréquente qu’on ne le pense

Les chercheurs ont identifié une mutation génétique fréquente en France, retrouvée chez près de 1 % des nouveau-nés testés. Cela suggère que la maladie est largement sous-diagnostiquée.

L’importance des cohortes de patients et des associations

Les associations de patients jouent un rôle essentiel : elles rompent l’isolement, diffusent l’information, sensibilisent les professionnels de santé et favorisent la recherche.

Un message d’espoir

Malgré sa gravité potentielle, le déficit en APRT présente une particularité importante : il existe un traitement efficace. Lorsqu’elle est diagnostiquée à temps, la maladie peut être contrôlée et les complications évitées.

Le véritable enjeu est donc clair : mieux faire connaître la maladie pour la diagnostiquer plus tôt.


Références scientifiques :
• Bollée G. et al. Phenotype and Genotype Characterization of Adenine Phosphoribosyltransferase Deficiency. JASN (2010)
• Bollée G. et al. Adenine phosphoribosyltransferase deficiency. CJASN (2012)

Article rédigé d’après les études scientifiques citées.

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