Blog de l'association PAIP'Art

Hoda Afshar, une photographe de l'invisible à travers le déplacement

5 Août 2025 , Rédigé par Camille Publié dans #Artiste

Hoda Afshar, une photographe qui révèle l'invisible à travers le prisme du déplacement et du genre

Le titre "Hoda Afshar, une photographe qui révèle l'invisible à travers le prisme du déplacement et du genre" décrit l'œuvre de cette artiste iranienne-australienne qui utilise la photographie pour rendre visibles les réalités marginalisées.

À travers des séries comme Speak the Wind et Remain, présentées dans cet article, elle explore le déplacement (exil, migration) comme une force révélant les luttes des déracinés, et le genre comme une lentille pour défier les normes oppressives, notamment dans Behold sur les identités queer (identités non normatives par opposition à l'hétérosexualité).

Cette approche, qui subvertit les récits dominants, résonne avec la mission de PAIP'Art de soutenir la recherche sur la GNMP via l'art caritatif. En clair, ce qui est occulté, en Iran, comme les expériences ou les ressentis des exilés (déplacement) et les identités non normatives (genre) est mis en lumière par les photographies artistiques de Hoda Afshar. De même, les maladies rénales génétiques rares (absentes des discours dominants) sont replacées au premier plan par la vente caritative d'art de l'association PAIP'Art.

Œuvre de la série Speak the Wind, Hoda Afshar, 2022
Œuvre de la série Speak the Wind, Hoda Afshar, 2022

Un parcours marqué par l'exil et l'engagement

Née à Téhéran en 1983, Hoda Afshar grandit en Iran avant de s'installer en Australie, où elle vit aujourd'hui à Melbourne. Ce déplacement géographique nourrit son œuvre, qui explore les frontières invisibles imposées par les sociétés, celles du genre, de l'identité et de la migration.

Formée à la photographie, Hoda Afshar transcende le médium pour en faire un vecteur de résistance, comme elle l'explique dans une interview au Guardian :  Les images partagent un grand pouvoir dans le contrôle des esprits de la société, pour moi, c’est reconnaître ce pouvoir (Source : "From Manus Island to sanctions on Iran: the art and opinions of Hoda Afshar", The Guardian, 2018).

Hoda Afshar, 2016
Hoda Afshar, 2016

Son engagement s'inscrit dans une lignée d'artistes qui utilisent l'art pour dénoncer les injustices, à l'image de la mission de PAIP'Art. Créée en 2018 par une personne insuffisante rénale, notre association loi 1901 collecte des fonds via la vente en ligne d'œuvres d'art sur paipart.com, pour soutenir la recherche sur la GNMP, une maladie rénale génétique rare. Comme Hoda Afshar révèle l'invisible des marginalisés, PAIP'Art met en lumière une obscure maladie et des artistes donateurs brillants parfois anonymes pour une cause vitale.

Speak the Wind, les vents du détroit d'Ormuz comme métaphore du déplacement

La série Speak the Wind (2018-2022), exposée à la Monash Gallery of Art, est une plongée dans les îles du détroit d'Ormuz, au sud de l'Iran. Hoda Afshar y capture des rituels locaux liés aux vents, perçus comme des entités spirituelles porteuses de malédictions ou de bénédictions. Des photographies en noir et blanc montrent des habitants sculptant des rochers en formes protectrices, leurs corps tordus par le vent, symbolisant la lutte contre les forces invisibles de l'exil et de la tradition.

Une œuvre clé est Untitled (Rock Formation), où un homme creuse un rocher anthropomorphe, son visage masqué par la poussière, évoquant la fragilité de l'identité face à l'histoire coloniale et migratoire. Comme l'analyse le Guardian :  La photographe iranienne-australienne retourne dans son pays natal pour photographier les vies et paysages sur les îles énigmatiques du détroit d'Ormuz (Source : "Through the lens of Hoda Afshar: rocks and ritual on Iran’s windswept islands – in pictures", The Guardian, 2022).

Cette série, avec ses 40 tirages, interroge sur les croyances ancestrales qui résistent au déplacement moderne. En analysant Speak the Wind, on perçoit l'approche de Hoda Afshar, une ethnographie poétique qui évite l'exotisme pour embrasser l'humain. Les vents, invisibles mais omniprésents, deviennent allégorie du genre fluide et du déplacement forcé, invitant le spectateur à questionner ses propres frontières.

Remain, centrer les voix des exilés sur l'île de Manus

En 2018, Hoda Afshar s'infiltre sur l'île de Manus, au large de la Nouvelle Guinée, en bordure de l'océan Pacifique, un centre de détention australien pour réfugiés, pour réaliser Remain, une vidéo et une série photographique primée au Bowness Photography Prize. L'œuvre débute comme un spot touristique paradisiaque (jungles luxuriantes, eaux turquoise) avant de révéler la prison sous-jacente. Un portrait emblématique est celui de Behrouz Boochani, journaliste kurde détenu, dont le regard fixe défie le spectateur.

Portrait of Behrouz Boochani, Manus Island (2018) capture l'écrivain dans un environnement idyllique, mais son expression trahit l'oppression. Hoda Afshar déclare :  Comment pouvons-nous mener nos vies quotidiennement en ignorant cela en arrière-plan ?  (Source : "From Manus Island to sanctions on Iran: the art and opinions of Hoda Afshar", The Guardian, 2018). Cette dualité visuelle déconstruit le narratif colonial australien, centrant les marginalisés comme agents de récit.

L'analyse de Remain révèle une critique du genre. Les réfugiés, souvent des hommes, sont déshumanisés, mais Hoda Afshar restaure leur dignité par des portraits intimes, fusionnant documentaire et performance.

Behold et Agonistes, le genre et la résistance queer

Dans Behold (2016), Hoda Afshar documente la vie secrète d'hommes gays dans un hammam iranien, où ils se réunissent en cachette. Untitled 002 montre des corps entrelacés dans la vapeur, symbolisant une intimité volée. Le Guardian note :  Un groupe d'hommes l'a invitée dans un hammam traditionnel pour documenter une partie de leur monde (Source : "The hidden lives of gay men in the Middle East – in pictures", The Guardian, 2018).

Plus récemment, Agonistes (2021) transforme des lanceurs d'alerte en bustes hellénistiques via impression 3D, comme Bust of Bernard Collaery, évoquant la tragédie grecque. Ces œuvres lient genre et résistance politique.

L'art comme pont vers l'invisible

Hoda Afshar transforme le déplacement et le genre en forces visibles, inspirant PAIP'Art dans sa quête de fonds pour la GNMP. Visitez notre blog pour plus d'analyses artistiques engagées.

Cette artiste photographe iranienne engagée fait écho à nos articles sur les artistes peintres engagés, à l'image de Sereirrof, un artiste donateur de l'association PAIP'Art. L’art engagé contemporain, Banksy et Sereirrof, met en exergue l'art et les causes invisibles, telles que la souffrance des "gueux" de Sereirrof face aux inégalités, ou celle des exilés et des individus confrontés aux accointances non-normatives et à leur répression en Iran.

Notre série sur L’Art comme tribunal sociétal célèbre, à sa manière, la puissance des arts représentatifs et leur capacité à porter des messages. Sans l'engagement des artistes, ces causes nobles, comme celles défendues par l'association PAIP'Art, resteraient invisibles et ignorées dans les discours dominants. En achetant sur notre boutique en ligne d’œuvres d'art paipart.com, vous nous aidez à porter la voix des patients anonymes silencieux et invisibles face à leur maladie rare. 

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