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L’Art comme tribunal sociétal, une série sur l’engagement artistique contre les inégalités

3 Septembre 2025 , Rédigé par Camille Publié dans #L'art, #L’Art comme tribunal sociétal

L’Art comme tribunal sociétal, une série sur l’engagement artistique contre les inégalités

Tout commence avec une toile de Sereirrof nommée "LE TRIBUNAL DES GUEUX", une toile de 200 x 350 cm à propos de laquelle Sereirrof s'exprime ainsi :

« Si vous avez aimé les Salauds de pauvres (14 toiles des années 2010-2012) , vous allez adorer Le tribunal des gueux (2016).

On y retrouve à peu près les mêmes personnages, tous mal en point, malmenés par la vie, mais cette fois suffisamment organisés pour constituer une tribune, et qui semblent nous regarder, d'un regard triste, fatigué, parfois sévère, et peut être même, nous juger.

Si on compte bien, ils sont 40, dont 10 enfants. N'oublions pas les enfants, ils sont notre avenir, parait-il. Mais comme nous n'avons qu'une vision à court terme des choses, disons que nous comptons sur eux pour payer notre retraite.

Quarante, donc.

Pauvres, mais qui travaillent dur. Ils sont même Condamnés Au Charbon, d'où le second titre de cette toile : Le CAC 40 (je ne sais pas pourquoi, ça sonne mieux que Les 40 CAC ).

Ils ne travaillent pas pour devenir riche - ne rêvons pas - mais pour rapporter des dividendes aux actionnaires : le réalisme économique, c'est ça.

Ce qui ne leur semble pas très juste.

Alors ces salauds de pauvres ont l'outrecuidance de juger nos orgies financières et de nous culpabiliser dans nos paradis fiscaux.

Voyez-vous ça ! De quoi je me mêle ?

Des gens bien mal élevés, en vérité, mon cher Monsieur. »

Toile de peinture Le tribunal des gueux, Sereirrof, 2016
Le Tribunal des Gueux (ou Le CAC 40), Sereirrof, 2016. Une œuvre accusatrice des inégalités capitalistes

Cette désinvolture impertinente des pauvres envers les "richement dotés" nous a donné l'envie d'explorer l'artistiquement incorrect porté par le tribunal des gueux. D'où cette nouvelle série sur les artistes et leurs critiques sociétales.

L’association PAIP’Art lance ainsi une nouvelle série d’articles sur son blog, après celle consacrée à l'origine de la peinture, inaugurée avec cet article sur la Découverte de la plus ancienne peinture rupestre figurative en Indonésie. et dont le deuxième article vient d'être publié sur le blog : Les origines de la peinture, les peintures rupestres de la préhistoire et de l'antiquité.

Intitulée « L’Art comme tribunal sociétal », cette nouvelle série explore les voies empruntées par des artistes peintres, sculpteurs, écrivains et poètes, à travers l’histoire et jusqu'à aujourd’hui, qui ont utilisé leur art pour dénoncer les injustices sociales et le capitalisme.

Peinture à l'huile - Portrait

Huile sur toile, art figuratif, Sereirrof
Portrait à l'huile sur toile, art figuratif, Sereirrof

Ci-dessus : Huile sur toile, art figuratif, Sereirrof.

À l’image de l’œuvre de notre artiste donateur Sereirrof, Le Tribunal des Gueux (ou Le CAC 40), ces créateurs donnent une voix aux opprimés pour juger les dérives d’une société inégalitaire.

Sereirrof et son tribunal des gueux, un regard accusateur sur le capitalisme

Sereirrof frappe fort avec sa toile "Le Tribunal des Gueux" (2016), également intitulée "Le CAC 40". Dans cette œuvre, il met en scène 40 personnages, dont 10 enfants, « malmenés par la vie » mais organisés en une tribune accusatrice. Ces « salauds de pauvres », comme il les nomme avec ironie, jugent les « orgies financières » et les « paradis fiscaux » des élites économiques.

Huile sur toile, art figuratif, Sereirrof
Huile sur toile, art figuratif, Sereirrof

Ci-dessus : Huile sur toile, art figuratif, Sereirrof.

Ce regard triste, fatigué et sévère des gueux rappelle que l’art peut devenir un tribunal moral, où les opprimés condamnent l’injustice. Cette série d’articles s’inspire de cette démarche pour explorer d’autres artistes partageant ce regard critique.

Une série pour explorer l’art engagé

À travers cette série, nous plongerons dans les œuvres d’artistes, de peintres, de sculpteurs, d’écrivains et de poètes qui, comme Sereirrof, ont fait de leur art un outil de critique sociale.

De la peinture satirique d’Honoré Daumier au XIXe siècle aux installations contemporaines de Theaster Gates, en passant par les romans d’Émile Zola, chaque article mettra en lumière l’art qui donne une voix aux « gueux » pour juger les injustices. Voici la liste des articles publiés :

  1. L’Art comme tribunal sociétal, une série sur l’engagement artistique contre les inégalités – La satire dans les oeuvres d'art et en littérature pour dénoncer les injustices sociales inspirée du Tribunal des gueux du peintre Sereirrof.
  2. Les origines de la critique sociale en peinture, de Goya à Daumier – Découvrez comment Francisco de Goya et Honoré Daumier ont utilisé la satire pour accuser les élites, préfigurant le tribunal de Sereirrof.
  3. Le réalisme social au XIXe siècle, Zola et Steinbeck face à l’exploitation – Une exploration des « gueux » littéraires qui jugent le capitalisme dans Germinal et Les Raisins de la colère.
  4. L’art engagé contemporain, Banksy et Sereirrof – Une analyse des œuvres satiriques modernes qui accusent les dérives économiques.
  5. Sculpture et activisme, Shweta Bhattad et Theaster Gates contre les injustices – Comment la sculpture donne une voix aux marginalisés, à l’image des gueux de Sereirrof.

Pourquoi cette série sur les œuvres d'art d'artistes engagés  ?

L’art a toujours été un miroir de la société, mais aussi une arme pour la changer. Une arme efficace qui a déjà fait ses preuves, à l'image de l’œuvre littéraire "Les Misérables" de Victor Hugo (1862).

Huile sur toile, art figuratif, Sereirrof
Huile sur toile, art figuratif, Sereirrof

Ci-dessus : Huile sur toile, art figuratif, Sereirrof.

Tout comme Sereirrof, qui, avec "Le Tribunal des Gueux (ou Le CAC 40)", donne la parole aux opprimés pour juger les élites, Victor Hugo transforme ses personnages en juges d’une société inégalitaire.

Les Misérables, une source d'inspiration

Partant de l’analyse de Jean-Marc Hovasse dans "Victor Hugo et la conscience sociale" (Flammarion, 2001), voyons comment "Les Misérables" a marqué les consciences en France et à l’international, en dénonçant les injustices sociales et en inspirant des réformes.

Les Misérables, un tribunal littéraire contre l’injustice

Publié en 1862, "Les Misérables" raconte l’histoire de Jean Valjean, un ancien forçat devenu symbole de rédemption, mais aussi de Fantine, Cosette, Gavroche et d’autres « gueux » écrasés par la misère et l’oppression sociale.

Comme l’écrit Jean-Marc Hovasse, Hugo ne se contente pas de raconter une histoire, il dresse un réquisitoire contre les inégalités, l’exploitation des pauvres et l’indifférence des élites. À travers ses personnages, Hugo crée un véritable tribunal littéraire, où les opprimés, par leur souffrance et leur dignité, jugent une société qui les abandonne. Ce regard accusateur rappelle celui des personnages de Sereirrof, qui, dans "Le Tribunal des Gueux", scrutent avec tristesse et sévérité les dérives du capitalisme.

Jean Valjean soustrait Cosette à Thénardier dans Les Misérables, illustration de Émile Bayard, 1880
Jean Valjean soustrait Cosette à Thénardier dans Les Misérables, illustration de Émile Bayard, vers 1880

Un impact en France, sensibilisation et réformes sociales

En France, "Les Misérables" a eu un impact immédiat sur la société du XIXe siècle. Selon Jean-Marc Hovasse, l’œuvre a amplifié la prise de conscience des injustices sociales sous le Second Empire, où la révolution industrielle exacerbait la misère ouvrière.

Les descriptions poignantes de la pauvreté, comme celle de Fantine contrainte à la prostitution pour nourrir sa fille, puis finalement arrêtée, ou de Gavroche, enfant des rues, ont choqué les lecteurs bourgeois.

Javert arrête Fantine dans Les Misérables, illustration de Pierre Georges Jeanniot, 1890
Javert arrête Fantine dans Les Misérables, illustration de Pierre Georges Jeanniot, 1890

"Les Misérables" a influencé des débats sur la réforme pénitentiaire (Jean Valjean est condamné pour un vol de pain) et sur l’éducation des enfants pauvres, inspirant des lois comme celle de 1882 sur l’école obligatoire.

À l’image des « gueux » de Sereirrof, qui accusent les « orgies financières », Hugo donnait une voix aux invisibles pour exiger justice.

Un rayonnement international, inspiration des luttes sociales

L’impact de l’œuvre de Victor Hugo dépasse largement les frontières françaises. Traduit dans de nombreuses langues dès sa publication, le roman a inspiré des mouvements sociaux à l’étranger.

Aux États-Unis, comme le note Jean-Marc Hovasse, il a résonné pendant la guerre de Sécession (1861-1865), où les abolitionnistes y voyaient un plaidoyer pour l’émancipation des opprimés.

En Russie, des écrivains comme Dostoïevski s’en sont inspirés pour dénoncer les injustices tsaristes. Comme le tribunal visuel de Sereirrof, qui juge les actionnaires du CAC 40, Hugo a offert un tribunal littéraire intemporel, où les pauvres jugent les puissants.

Plus récemment, "Les Misérables" a été adapté en comédies musicales et films, amplifiant son message universel. Par exemple, la chanson « Do You Hear the People Sing ? » est devenue un hymne pour les manifestations sociales, des révoltes arabes de 2011 aux mouvements pour la justice sociale en Asie.

Participez à notre mission

En soutenant la recherche médicale via la vente d’œuvres d'art sur paipart.com, PAIP’Art s’inscrit dans une démarche où l’art devient un vecteur de justice.

Cette série vise à inspirer nos lecteurs en montrant comment des artistes, d’hier et d’aujourd’hui, ont transformé leur indignation en créations puissantes. Rejoignez-nous sur X et Facebook pour suivre cette exploration et partager vos réflexions !

En achetant une œuvre sur notre boutique en ligne PAIP’Art, vous soutenez la recherche sur les maladies génétiques rares tout en découvrant des artistes engagés comme Sereirrof. Chaque toile, chaque sculpture est une histoire, un regard ou un jugement sur le monde. Ensemble, faisons de l’art un levier pour un avenir plus juste.

 

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